Au lit, j’ai murmuré « George » d’un ton si doux que même mes oiseaux auraient rougi. Pas le « saint George qui tua le dragon », non, mais juste mon oncle si beau.
– Tu as parlé dans ton sommeil, me dit Morwenna ce matin, pleine de malice dans la voix.
Mon foie s’est tordu et j’ai alors prétendu que je rêvais d’un pèlerin nommé George qui cherchait sa mule. Depuis, elle m’a fait réciter trois Pater Noster pour purifier mon cœur. Et moi, je n’ose plus du tout dormir, de peur qu’elle entende encore mon cœur crier le prénom de celui que j’aime.

