Tout était paisible à Black Falls. On était encore le matin, même si midi approchait à grands pas. Le soleil, presque au zénith, dardait ses rayons brûlants, malmenant les pauvres moineaux qui voletaient péniblement, accompagnés d’une légère brise qui agitait leur plumage. À travers la vitre de sa fenêtre de chambre, Loogie Short observait la vie de ce petit quartier calme et tranquille, baigné par la lumière de cette fin de matinée.
Depuis la fenêtre, le garçonnet, encore en pyjama, pouvait observer les voitures qui passaient de temps à autre dans la rue d’en bas, où des passants déambulaient, mais où aucun enfant ne jouait dans les jardins verdoyants qui bordaient les maisons de style typique américain. En effet, à cette heure, tous les enfants de Black Falls étaient à l’école, tous, sauf Loogie. Celui-ci avait effectivement eu la brillante idée de se créer un clone grâce à sa miraculeuse pierre magique arc-en-ciel. Puis, il l’avait envoyé en cours à sa place lorsque la matière était par trop ennuyeuse.
Ainsi, Loogie était le seul gamin de tout Black Falls à ne pas être à l’école en cette fin de matinée. Néanmoins, contrairement à la plupart de ses camarades, il ne passa pas son temps libre devant la télévision et ses programmes, qu’il estimait abrutissants, ni devant des jeux vidéo violents. Au lieu de cela, Loogie préférait – et de loin – espionner son voisinage plutôt que de perdre son temps à autre chose. Il profitait donc d’être libéré de la contrainte scolaire pour faire ce qui lui plaisait. En ce moment, il regardait les maisons colorées ; chacune différente, mais toutes dotées de la technologie futuriste développée par la société Black Box, alignées le long des trottoirs, où de grands arbres feuillus formaient une canopée ombragée. Loogie se dit que c’était une très belle matinée et que tout serait possible et, en cet instant précis, son seul rêve était de voir Stacey Thompson. Oui, ce qui l’intéressait vraiment, c’était la maison des Thompson.
Par ailleurs, Loogie avait tant de fois observé cette maison qu’il en connaissait les moindres détails, à tel point qu’il aurait pu en être l’architecte. Chaque fenêtre, chaque porte, chaque recoin lui étaient désormais familiers. C’était devenu un véritable passe-temps d’observer la résidence des Thompson et surtout, d’imaginer ce qui se passait à l’intérieur. Parfois, il se demandait même ce qui se cachait derrière les rideaux de la chambre de Stacey, qui se trouvait à l’étage, à droite de la maison, à côté de celle de ses parents. Comme il connaissait son emplacement exact, qu’il pouvait voir depuis la sienne, Loogie ne pouvait s’empêcher d’être attiré comme un aimant par la fille aînée de la famille et de vouloir tout savoir sur elle.
Complètement obsédé par l’aura indiscutable que dégageait Stacey Thompson de façon naturelle, Loogie adorait passer son temps à la guetter, espérant désespérément apercevoir la séduisante jeune femme d’une petite vingtaine d’années sortir enfin de chez elle. Et chaque mouvement de rideau à l’intérieur de la chambre de Stacey faisait battre son cœur un peu plus fort et un peu plus vite.
Loogie n’arrêtait pas de se demander où se trouvait Stacey, si celle-ci était réveillée et il ne cessait de s’interroger : « Allait-elle lui faire le plaisir et la joie de sortir aujourd’hui ? » Mais après de longues heures d’observation attentive, Loogie, lassé d’attendre, bâilla de façon répétée, impatient de voir apparaître la jeune fille. Il avait si hâte de la voir qu’il sentait que sa patience arrivait à ses limites. Il se frotta les yeux, fatigué, et jeta un coup d’œil à sa Black Box, transformée en réveil digital et posée sur sa table de chevet. Il était 12 h 34 et Loogie soupira avant de se remettre à son poste de guet.
En proie à une frustration de plus en plus grande et de plus en plus désespéré, Loogie avait collé son front contre la vitre chaude de sa fenêtre de chambre, espérant toujours pouvoir la voir. Mais rien. Pas le moindre signe de vie. Toutefois, il refusa d’abandonner sa planque tant qu’il n’aurait pas vu ou au moins aperçu un bout de Stacey, même de loin.
Tandis qu’il poursuivait son espionnage, Loogie se figea soudain complètement lorsqu’une idée traversa son esprit. Alors, il se frappa le front avec sa paume, se sentant stupide de ne pas y avoir pensé plus tôt. Loogie ne perdit pas une seconde de plus. Il sortit sa pierre magique arc-en-ciel et de dessous son oreiller et, la tenant fermement dans sa main, il murmura :
– Je sais que tu peux réaliser n’importe quel souhait, alors j’aimerais que Stacey sorte de chez elle maintenant, s’il te plaît, supplia-t-il en fixant son caillou.
Cette pierre magique aux couleurs chatoyantes était vraiment une roche très spéciale. De taille moyenne avec des nuances de rose, de bleu, de violet et de jaune, qui s’entrelaçaient dans une palette de couleurs irisées, de nombreux habitants de Black Falls cherchaient à utiliser son pouvoir pour satisfaire leurs désirs personnels. En effet, l’objet avait la capacité d’exaucer les souhaits de celui qui l’avait en main. Dire qu’il en avait presque oublié son pouvoir ! Tout ce temps perdu à attendre que Stacey sorte de sa maison, alors que depuis le début, il pouvait simplement le demander à la pierre.
Aussitôt, le petit caillou s’activa et Loogie sentit une décharge d’électricité statique le parcourir de l’échine aux orteils. Puis, il sentit une vague de chaleur intense envahir ses mains et l’artefact émit une lumière aveuglante. Activé, celui-ci irradiait une lueur scintillante qui remplit la pièce d’une énergie magique et qu’il ressentit instantanément. Cette clarté intense, difficilement soutenable et qui éblouissait le jeune garçon, rappelait l’éclat des phares d’une voiture en pleine nuit.
Loogie cligna des yeux plusieurs fois pour réajuster sa vue et pour se réhabituer progressivement à la lumière ambiante. Une fois que l’aveuglante lumière se dissipa, il se rendit compte que la pierre n’était pas la seule source de lumière et que les rayons du soleil venaient aussi frapper directement sur les carreaux de sa fenêtre.
Puis, un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres quand il remarqua que la porte d’entrée de la maison des Thompson s’ouvrait à présent et que, dans la seconde qui suivit, il aperçut Stacey sortir de chez elle, ses formes douces moulées dans une nuisette orange. Son vœu semblait être exaucé ! Stacey avait l’air être manipulée comme une marionnette, soumise à la magie de la pierre. Elle avait l’air fatigué, ses cheveux ébouriffés, comme si elle venait à peine de se lever, mais Loogie ne put s’empêcher de la trouver toujours aussi belle malgré tout. En effet, le jeune garçon s’était toujours dit qu’elle pourrait être l’égérie de la marque de monsieur Black. Avec elle comme icône, sûr que les ventes de ses Box dans le pays triplerait.
Pour lui, Stacey était une beauté en toutes circonstances, et rien que le fait de la voir déambuler pieds nus, en nuisette, dehors et en plein jour, était suffisant pour l’envoûter et le rendre encore plus fou d’amour. Ses yeux étaient fixés sur elle et sa silhouette, comme si plus rien d’autre n’existait alentour. Il avait bien du mal à détacher son regard de la plus belle de toutes les filles de Black Falls.
Complètement envoûté par cette apparition, Loogie resta donc immobile, ne pouvant s’empêcher de sourire niaisement. En même temps, il venait de se rendre compte qu’il avait un pouvoir incroyable entre les mains et que dès lors, plus rien ne pourrait lui résister. Il se sentait aussi invincible que l’un de ces dieux grecs des temps antiques. Il avait l’impression d’avoir accompli un exploit digne de l’un des douze travaux d’Hercule et maintenant, il était prêt à utiliser le pouvoir magique de la pierre pour vivre la plus belle histoire d’amour qu’il aurait jamais envisagée. Désormais conscient de la puissance qu’il détenait, Loogie fit tourner une nouvelle fois la pierre entre ses doigts. Il avait l’impression qu’elle lui avait ouvert les portes de l’infini et de l’impossible et qu’il pouvait dorénavant exaucer tous ses rêves les plus fous.
Tandis qu’il restait debout dans sa chambre, tandis qu’il continuait à regarder fixement Stacey par la fenêtre, la pierre magique arc-en-ciel dans sa main, Loogie se demanda comment il pourrait l’utiliser pour réaliser son vœu secret de gagner le cœur de la jeune femme. Bien qu’il fût heureux de l’avoir enfin aperçue, il se demandait quelle serait la prochaine étape et ce qu’il pourrait maintenant demander. Continuant à observer sa très chère Stacey, le garçon remarqua qu’elle affichait un air confus sur son visage. Elle semblait complètement perdue, comme si elle ne savait pas pourquoi elle était sortie de chez elle.
Pris de panique à l’idée de voir sa charmante voisine retourner à l’intérieur, Loogie fixa de nouveau sa pierre magique avec anxiété, le cœur battant à tout rompre et, la portant à sa bouche comme un talkie-walkie, il murmura un ordre pour l’empêcher de revenir en arrière et de rentrer à l’intérieur :
– Active les systèmes d’arrosage de la maison de Stacey !
Une nouvelle fois, la pierre arc-en-ciel s’activa et un flash lumineux éblouissant emplit la chambre de Loogie, la nimbant d’une chaleur tropicale. Submergé une seconde fois par la puissance de la pierre, il laissa un long frisson courir le long de sa colonne vertébrale. Puis, peu à peu, la magie s’estompa, laissant place à un calme pesant et Loogie resta immobile, haletant.
Après quelques secondes, il constata que le souhait qu’il avait formulé s’était réalisé. Fasciné, il assista avec satisfaction à la mise en marche du système d’arrosage. Sous les jets d’eau qui jaillissaient du sol, Stacey, qui ne se doutait de rien, se retrouva sous une myriade de milliers de gouttes d’eau irisées.
Bientôt, sous le déluge ininterrompu d’eau et aspergée de partout, elle fut trempée de la tête aux pieds. D’innombrables gouttes scintillantes perlaient de ses longues mèches de cheveux, tombant sur son visage, étonné par cette pluie inattendue. Elles ruisselaient, glissant le long de sa gorge en suivant les courbes de son corps en laissant entrevoir des carrés de peau nue, grâce à sa nuisette de plus en plus transparente. Son vêtement de nuit fut effectivement imbibé en un rien de temps par l’eau qui continuait de retomber sans relâche.
Loogie qui, depuis sa fenêtre, observait cette scène d’un œil plus qu’intéressé, fut saisi d’excitation lorsqu’il remarqua que le tissu de la nuisette lui collait à la peau ; peau qui était à la fois rose comme celle d’une poupée et pâle comme celle d’une gothique, faisant ressortir sa silhouette bien en chair. Sa poitrine aux seins blancs, auparavant dissimulés sous le tissu orange de sa nuisette, devint alors visible à travers le tissu trempé, dévoilant les contours délicats de ses courbes féminines. Se révélant progressivement sous l’effet de l’eau, ils prirent une forme arrondie et parfaitement dessinée, laissant Loogie sans voix, ne s’attendant pas à être le témoin chanceux d’un pareil spectacle. D’ailleurs, jamais il n’aurait cru assister à cela de toute sa vie, et il louait l’hypothétique extraterrestre qui avait fait tomber cette pierre à souhaits du ciel.
Laissant échapper un hoquet de surprise, Loogie resta avec la bouche entrouverte, les yeux scotchés sur ces opulentes collines d’une splendeur sans égale qui se dessinaient sous le tissu maintenant devenu transparent de la nuisette. Chaque détail de sa généreuse poitrine était clairement visible, comme ces deux larges aréoles rose bonbon qui faisaient ressortir encore davantage leur moelleux et leur couleur. Loogie se sentit aussitôt gêné d’être le témoin de ce tableau, mais il ne pouvait s’empêcher de continuer à regarder, hypnotisé par cette bienheureuse vision, fasciné par leurs formes et leurs mouvements sous l’effet des jets d’eau. Il se sentait comme dans un rêve, observant cette scène irréelle, qui le laissait à la fois troublé et émerveillé.
Les yeux enivrés, les battements de son cœur se firent de plus en plus rapides et soudain, Loogie lâcha sa pierre magique. Elle rebondit sur la moquette, puis roula ensuite jusque sous son lit. En baissant la tête, il ressentit avant de la remarquer une tension et une chaleur subite envahir son corps au niveau de son entrejambe. Il défit le lien de son bas de pyjama avant de le faire descendre jusqu’à ses pantoufles dinosaure. Là, il fut surpris de constater que son membre était aussi raide que la branche d’un arbre, et qu’il pointait en direction de Stacey, la suivant comme une baguette de sourcier. À son âge, il était assez rare que ce phénomène survienne chez lui, mais il se rendait compte que ça lui arrivait de plus en plus souvent depuis qu’il avait posé les yeux sur la grande sœur de son ami Toe, quelques jours auparavant.
Ni une ni deux, profitant de cette érection totalement imprévue, Loogie attrapa sa virilité naissante de sa main droite. Puis, il commença à la frôler gauchement. Encore inexpérimenté à ce jeu de grand garçon, Loogie persévéra et s’activa comme s’il était un expert, en arrivant à faire glisser son prépuce sur la petite tête enflée de plus en plus vite. Sa bourse imberbe, qui ne contenait encore que deux mini-billes, suivit le ballottement de va-et-vient avec la même facilité.
Avec animation, la main de Loogie enveloppait maintenant toute la longueur et il ne cessait d’aller et venir. En effet, pourquoi s’arrêter, quand chaque caresse sur ce point sensible envoyait des secousses de plaisir indescriptible dans tout son corps, intensifiant son bonheur. Un tourbillon ininterrompu de sensations euphoriques fusait sous son crâne, réactivant ses neurones lors de ce contact intime. De seconde en seconde, il effleurait cette peau fine et douce comme de la soie à un rythme régulier, tandis qu’une goutte annonçant le plaisir brillait déjà à l’extrémité, comme la rosée sur une fleur. Mais Loogie avait beau se démener, il ne prêtait pas attention à ce qu’il faisait. Il se focalisait plutôt sur Stacey ou, pour dire l’entière vérité, il ne regardait que ses rondeurs laiteuses, blanches comme l’intérieur de deux noix de coco et qui, à chaque sursaut de la jeune fille sous les impacts des gouttes d’eau, bondissaient, elles aussi, comme de grosses balles en caoutchouc.
Quant à elle, toujours sous le feu nourri des jets d’eau, Stacey était encore sous l’emprise de la pierre et, même trempée, elle ne songeait pas à faire machine arrière pour se soustraire aux trombes d’eau qui la mitraillaient de toutes parts. Loogie utilisait les tentatives désespérées de son excitante voisine tentant de s’enfuir de ce champ de bataille pour se masturber comme un fou, tel un voyeur pervers.
Néanmoins, Stacey parvint petit à petit à réduire la distance et, une fois arrivée sur le seuil, au moment où elle s’apprêtait à rentrer, la bretelle droite de sa nuisette dévala son épaule jusqu’à son coude, dévoilant un carré de chair rose. À la vue inespérée de ce sein lourd, Loogie mit plus d’entrain et, par la magie du hasard, il termina miraculeusement son œuvre à l’instant précis où il vit apparaître la plus belle partie du buste de Stacey : un téton à l’aréole rose guimauve. Ainsi, en une minute montre en main, de minuscules perles jaillirent de son petit canon.
Des chocs électriques lui traversèrent instantanément le bas du dos, comme si on lui passait lentement une plume d’oiseau de la hanche droite à la hanche gauche, ou comme si une colonie entière d’insectes en tout genre le grignotait, tandis que sa respiration s’accélérait, jusqu’au moment où il laissa échapper un gémissement aigu trahissant un plaisir indéniable. Ses cuisses tremblèrent et ses orteils se recroquevillèrent dans ses pantoufles, tandis qu’il prenait peu à peu la posture d’un papy avec le dos voûté, son abdomen littéralement plié sous le poids de sa jouissance. Un sentiment de bien-être absolu l’envahit, alors qu’il regardait le liquide dégouliner, s’échappant en un mince filet, comme l’eau d’un robinet mal fermé.
Des spasmes continuèrent à agiter son corps pendant une autre bonne minute. Ses pupilles noyées dans un torrent de larmes de plaisir, il se laissa aller et il en versa même une, qui roula le long de sa joue ronde, prise dans une des boucles de sa frange.
Remis assez difficilement de cette sensation de bien-être, soupirant d’extase après avoir éjaculé jusqu’à la dernière goutte, Loogie releva la tête après plusieurs longues secondes dans le vide et se rendit soudain compte que Stacey avait disparu. Tout ce qui restait de sa présence était l’arc d’eau d’un des tuyaux d’arrosage qui, se faisant frapper par un rayon de soleil, avait fait naître en son sein un arc-en-ciel. Loogie porta immédiatement sa main en visière sur son front pour mieux observer cette magie miraculeuse responsable de son bonheur d’aujourd’hui, mais également celui qu’il aurait sans doute demain, lorsqu’il rejouerait cette même scène, encore et encore, grâce à sa pierre à vœu.